Poème

À ta fenêtre

22 novembre 2000

Un merle attend dans la neige qu’une fenêtre s’ouvre, tandis qu’un amour d’été se refroidit derrière la vitre.

Le merle noir sur la fenêtre
Se dit qu'elle ouvrira peut-être.
Il tremble sous les blancs flocons,
Tapis de soie sur les balcons.
Dedans on chante, on rit, on danse
On parle au coin d'un feu immense:
La vie est là, derrière la glace
Où l'oisillon n'a pas sa place.
Tout l'été ils avaient joué,
Leurs cœurs alors s'étaient noués,
Puis l'hiver a tout balayé,
Et l'oiseau noir est effrayé.
Il tremble encore sous la bourrasque...
La fillette a ôté son masque.
Voici la nuit où tout s'endort;
Demain le merle sera mort.
L'enfant est sortie ce matin
Portant des gants et des patins
Sans un regard vers cet endroit
Où gît l'oiseau, le cœur tout froid.
Le temps emporte les saisons,
Printemps et joie dans les maisons,
Mais l'enfant pleure, au désespoir
Le chant d'amour du merle noir.