Poème

Clair-obscur

12 décembre 2000

Sous la pluie parisienne, une ombre dérive d’Odéon au Caveau, poursuivie par l’ange du désespoir.

Sur le pavé glissant la pluie en mille éclats
Jette sur les passants un regard mis à plat
Une ombre se déplace au gré des solitudes
Oubliée de la place en trouble incertitude.

Rêves abandonnés sur un coin d'Odéon,
Larmes emprisonnées par les accordéons,
Souffle chaud du sous-sol et vapeurs alcalines
Des portes de l'Ecole à la rue Mazarine.

Paris joue les absents mais charrie son histoire,
Le Pont des Arts attend ses amants dérisoires,
L'ombre allonge le pas, rejoint le caniveau.

L'homme ne sourit pas, son cœur est au Caveau,
Où danse dans le noir entrecoupé d'éclairs
L'ange du désespoir qui éloigne ses frères.