Poème · Spleen n° 1
Complainte au temps qui passe…
22 juin 1990
Au chevet d’une horloge implacable, le temps transforme l’absence amoureuse en avant-goût du tombeau.
Peu à peu la minute, rapide et impassible,
Nous conduit à la mort sans autre issue possible.
De mon lit, grabataire, j'observe cette horloge,
Qui chante sans cesser les funèbres éloges
De nos aïeux tués par les assauts du temps,
Monstre assoiffé de haine, de douleur et de sang.
A présent monte en moi un avant-goût de terre
Du tombeau qui devra m'étouffer de ses pierres.
Il me semble déjà que tout est loin de moi,
Mes parents, mes amis, la chaleur de mon toit.
Le temps jongle en riant avec notre destin:
Il guide notre vie, décide notre fin.
Ainsi, ce dieu joueur, en disposant de moi,
A voulu que je meure d'être éloigné de toi.