Poème · Elles n° 1
Corruption
4 octobre 1990
Au milieu des chimères et des sorcières, le visage aimé rallume un brasier que rien ne peut corrompre.
Les yeux toujours fermés sur le reste du monde,
Je rêve ta beauté, loin des parfums immondes,
Des fleurs ensanglantées de sorcières aigries,
Qui tentent d'aspirer mes fantasmes meurtris.
Des chimères d'envie s'acharnent sur mes sens,
Me forçant à douter, renier ton existence.
Mais alors que mon corps, prêt à s'abandonner,
Avance vers sa mort, tu me réapparais.
J'aperçois ton visage, au fond de mon oubli,
Et soudain tu m'arraches à leurs longs doigts pourris.
Je sens ton souffle chaud, caressant sur mon cou.
Et ma main sur la tienne, lavée de cette boue,
Rallume ce brasier qui brûlera toujours,
Dans nos coeurs enchaînés par les liens de l'amour.