Poème · Spleen n° 3
Dix-sept ans
10 mars 1991
Trois âges d’un même amour se répondent, entre promesse, chute et souvenir.
Quand j'aurai dix-sept ans, la vie me sourira,
Je boirai mon destin, le tien m'appartiendra.
Quand j'aurai dix-sept ans, sous la voûte étoilée
D'un ciel aux doux éclats, nous serons enlacés.
Alors à dix-sept ans, comme un oiseau léger,
C'est au creux de ton nid que je m'endormirai.
Mais pour mes dix-sept ans, la vie ne sourit pas,
J'aperçois mon destin, mais je ne t'y vois pas.
Mais c'est ça, dix-sept ans, sous la voûte étoilée,
D'un ciel aux noirs présages, où tu m'as oublié.
Alors à dix-sept ans, comme un oiseau blessé,
C'est au fond de ce puits que je m'écraserai.
Quand j'avais dix-sept ans, la vie ne souriait pas,
Mais j'avais mon destin à cent lieues devant moi.
Quand j'avais dix-sept ans, sous la voûte étoilée,
D'un ciel privé d'éclat, nous étions enlacés.
Alors à dix-sept ans, comme un oiseau lassé,
C'est au creux de ton nid que je me suis échoué.