Poème · Spleen n° 2
L’Enterrement
22 août 1990
Depuis son cercueil, un mort observe les faux éplorés venus se repaître de sa disparition.
Le pas lent des porteurs cadence mon voyage
Vers l'ultime demeure, le dernier paysage.
Mon corps enveloppé d'un linceul éclatant,
N'a que trop supporté le passage des ans.
Le temps bien trop pressé a creusé mon visage,
Et mes bonheurs passés ne sont plus que mirages.
De cet étui de bois où je repose en paix,
Pour la dernière fois, je peux le détester:
De partout ces vautours sont venus me pleurer,
Amassés tout autour de mes restes fanés.
Comme des charognards assoiffés de ma mort,
Ils ont le teint blafard, mais bavent sur mon corps.
Ma tombe préserve de tous leurs sortilèges,
L'âme dont se servent de semblables cortèges.