Poème

La Tempête

27 mars 2004

Quand les mots deviennent des coups, deux cœurs pris dans l’orage cherchent encore comment sauver le verbe aimer.

Et la tempête éclate au bout des jours sereins,
Et le tumulte encore a raison du silence,
La rancœur frappe et cogne, attaque au creux des reins,
Des cadavres de mots me hurlent ton absence.

Où courir ? Où gémir ? Où feindre l’existence ?
Où dormir ? Où mourir ? Où inventer demain ?
Dans tes pas qui me fuient suivre mon impuissance
Et dans tes yeux fermés chercher mon cœur en vain.

Mon cœur entre tes mains qui l’ont tant caressé
Qu’il a perdu le goût des corps aventureux,
Qu’il a perçu les coups de ton cœur amoureux.

Trop de morts, trop de sang, le combat doit cesser.
Trop d’orage et de bruit, trop d’amours abîmées…
Trop d’avenirs trahis, bannis du verbe aimer.