Poème · Elles n° 5

Le Baiser

9 septembre 1991

Un baiser ouvre un palais d’ivoire où le désir élève deux amants jusqu’aux dieux.

Troublantes émeraudes aux chaudes étincelles,
Doux îlots de fortune presque immatériels
Où danse le reflet d'un amour imprudent,
Tes yeux me disent long sur ton corps qui se tend.

Curieux palais d'ivoire, enceinte fortifiée,
Posée sur les rondeurs d'un soyeux canapé,
Accueillant dans son sein le feu de mes baisers,
Ta bouche m'abreuve de son nectar sucré.

Cet instant prolongé d'un bonheur infini
Elève mon esprit au-delà de sommets
Que jamais avant toi je n'avais explorés.

Doux prélude amoureux aux plaisirs interdits,
Baigné d'une lumière aux courants mélodieux,
Dont l'unique clarté nous rapproche des Dieux.